Les "Master Control" sont des enceintes asservies dans le grave, c.a.d que le fonctionnement du boomer est contrôlé par un amplificateur interne via un système électronique qui permet de maîtriser le déplacement de sa membrane (bobine mobile) en fonction des fréquences audio auxquelles il est soumis (en gros de 30 à 300Hz).
Les voies médium et aiguës sont alimentées en direct via de simples filtres passifs.
La société 3A, basée à Antibes a proposé à partir de 1972 de belles réalisations à partir de solutions parfois "hors des sentiers battus", les acousticiens 3A ont déposés bon nombres de brevets dont celui de l'asservissement en pression qui fut à l'origine de la création de la société.
A la fin des années 70, on pouvait ainsi acquérir de bonnes enceintes à des prix plus abordables que ceux pratiqués à l'époque par les stars du marché tel que Cabasse par ex. pour ne parler que des français.
La fin fût hélas moins glorieuse et les dernières productions ont terni l'image de marque 3A, ceux qui savent peuvent ainsi en profiter pour réaliser de très bonnes affaires en récupérant des produits anciens mais d'une réelle qualité
Pour rester simple, tout le monde sait que pour avoir du grave il faut un gros HP dans une grosse boite, certains artifices tel que le système bass reflex permettent de gagner en bas de spectre mais on a toujours des volumes de charge plus ou moins importants. Le principe de l'asservissement consiste à contrôler le déplacement de la membrane du HP de grave afin de réduire au maximum la taille de l'enceinte. Le principe est de mettre dans la partie mobile du HP un capteur qui informe l'ampli du déplacement de la membrane afin qu'il corrige ce déplacement mais 3A n'a pas suivi ce principe, ils ont "intégré" les caractéristiques du HP dans l'ampli afin que ce dernier pilote le HP avec des infos "prévisibles"
Ce système, bien qu'au final relativement simple, a du nécessiter une mise au point phénoménale, en bref cela donne le schéma suivant :

Pour les graves, le signal en sortie de l'ampli est tout d'abord affaibli et filtré (de 35 à 300 Hz) puis envoyé à l'ampli de puissance interne à l'enceinte, ce signal provoque le déplacement de la membrane du HP qui est inséré dans un classique pont de Wheatstone qui en retour, via un calculateur, envoie un signal de contre réaction à l'ampli de puissance.
Les médium et aiguës sont traités comme dans une enceinte conventionnelle par un filtre passif.
Ces enceintes m'ont toujours fait un peu rêver, souvenirs d'étudiant quand je traînais dans les auditoriums et que je les voyais, minuscules parmi les autres, arriver à donner autant de basses que des monstres 4 fois plus volumineuses puis je les ai un peu oubliées jusqu'au jour où je les vois posées au sol dans un Emmaus
.Elles sont petites, hauteur 48cm, largeur 30cm et profondeur seulement 22cm mais quand on les soulève on comprend vite que ce ne sont pas des enceintes comme les autres, 22 kgs !
Puis les caractéristiques : 35 à 40.000 Hz avec un rendement de 93Db pour 1W à 1m.
Ce sont des 680, la dernière version. Quand on se rapporte au tarif de l'époque 5190F en 1982 c'est pas loin du tarif d'une Cabasse Clipper
L’ébénisterie a été malmenées par les compagnons qui n’ont pas pris de précautions pour les mettre dans le camion, vu le poids ça ne pardonne pas
.Bon , démontage complet, on enlève d’abord le panneau ampli situé sur l’arrière, l’enceinte est gavée de laine de roche !!! :
On remarque que l’enceinte n’est pas close, il y a un évent sur l’arrière freiné en interne par un feutre cloué.


La carte électronique : un bon transfo, un bon filtrage (2x8200micro), une carte alim et une carte ampli comprenant un ampli standard de 150W, un circuit de filtrage actif et le circuit d’asservissement, ces deux circuits à base d’ampli OP (uA741)

Puis démontage du boomer, un beau 26 cms spécifique, saladier alu

Démontage du panneau médium tweeter et du filtre :
Le médium est un dôme hémisphérique de 50mm
Le tweeter est un ruban plat symétrique


Ensuite rénovation de l’ébénisterie, ponçage à blanc, masticage, teinte et finition 2 couches de vitrificateur satiné.

Remplacement des suspensions des boomers car malgré leur excellent état apparent elles n’auraient pas fait long feu.

Puis le moins évident le réglage de l’électronique.
J’ai contacté un ancien ingé de chez 3A qui m’a gentiment fait parvenir schéma et procédure
Il y a 3 réglages sur la carte, 2 concernant l’ampli lui même qui est basé sur un schéma standard (merci Tichu
pour ton analyse) et le 3eme concernant le circuit d’asservissement , il permet d’équilibrer le pont de Wheatstone (au niveau de la branche en entrée ampli OP), On alimente le pont en externe et l’équilibrage se fait au milliampèremètre.
Voilà pour la technique, passons à l’écoute maintenant,
Mise sous tension, les boomers font un aller et retour et le petit voyant orange en façade s’illumine puis c’est parti.
C’est le petit Marantz 1060 qui se charge de les driver, le CD de Supertramp «some things never change» est dans la Philips CD713.
Première impression, c’est bon, très bon même, la scène sonore est très large, les enceintes se font oublier (heureusement, elles ont été conçues pour cela à la base), le haut du spectre est clair et détaillé, les graves sont somptueux et effectivement ça descend bas pour une enceinte si petite. C’est tellement bon qu’on a envie de pousser plus, on monte le volume et vite on s’aperçoit qu’il vaut mieux s’arrêter car les boomers commencent à ne plus suivre
.Le danger est là, il n’y a pas de protection et si on pousse au max sans précaution, ont détruit les 2 HP vite fait
.Bon on va passer à autre chose maintenant, il est sympa le 1060 mais ce n’est qu’un 1060
je mets donc le LUXMAN LV104u (topé au même tarif que le 1060, mais à l’écoute on change de planète), lui est capable d’alimenter les JBL L50 que je vais comparer aux Andante. Ces deux enceintes possèdent des boomers de même diamètre.
Toujours le CD de Supertramp, musique moderne beaucoup de basses, pour les Andantes même constat qu’avec le 1060, c’est très clair et détaillé, la définition est excellente en haut et comme c’est somptueux en bas mais idem, faut pas trop pousser l’ampli. On bascule sur les JBL, tout de suite moins de Db, c’est normal le rendement est moindre, on remonte au même niveau, c’est bon aussi mais avec beaucoup moins de présence dans le haut mais avec les JBL on peut pousser, envoyer des Watts et là elles s’ouvrent, s’expriment de mieux en mieux.
Le constat est simple, les françaises sont bien meilleures à volume normal, plus détaillées, harmonieuses, vivantes. Les américaines quant à elles s’expriment diaboliquement à fort voir très fort volume mais le haut du spectre n’a pas le niveau de détail des petites 3A.
Pendant que j’y suis, on va essayer un vinyle tiens, Dire Straits « brothers in arms », ben là y’a pas photo, les 3A sont bien au dessus, en fait j’ai le sentiment qu’elles ont étés conçues pour ce type de source
,Ces enceintes sont magiques, si on se rapporte à leur taille aucune autre ne peut rivaliser et cerise sur le gâteau on peut les driver par tous les amplis possible, pas besoin de courant extérieur pour faire bouger les boomers
.Bon, je vous laisse, je retourne les écouter
.


super cr ! merci j'aime lire des cr comme sa , car c'est dans ses moment là que l'on se dit putain la hifi peut vraiment rendre heureux et dingue
, enfin dingue de hifi vintage !
comme les Master de Control que tu nous as si joliment présentées









