Je viens vous proposer un CR de l'année dernière que j'ai toutefois modifié et où j'ai inclu toutes les modifications que j'ai pu apporter à cet ampli.
Post original ICI
1) Présentation.
J’ai récupéré un Ampli Scott 255 S à un bon prix. L’ampli est en bon état. La face avant est à nettoyer et les joues en bois ont perdu le plaquage à plusieurs endroits.


Le 255 S a un châssis robuste en aluminium dessous et devant. Le châssis avant est caché par une face avant également en aluminium.
L’électronique est de qualité. Les condensateurs de filtrage et le transfo sont impressionnants, comme on les faisait à l’époque. Les transistors de puissance sont à l’extérieur, à l’arrière, protégés par une grille en métal.

2) Histoire.
Scott a produit 4 modèles différents du 255 S. Celui-ci est la deuxième série construite entre 1973 et 1974. On le reconnaît au bouton d’allumage en plastique rouge. Je crois que la première série avait le bouton en aluminium avec le centre rouge. Les séries suivantes ont retrouvé le bouton en aluminium avec le centre orange et je crois un voyant de mise sous tension à gauche du bouton. Les autres différences se situent dans le choix des transistors de puissance.
Il est assez difficile d’avoir des infos sur cet ampli et sur les différences de ces mêmes modèles.
3) Caractéristiques :
30 watts/8 ohms
40 watts/4 ohms?
distorsion harmonique inf. à 0.5%
?fréquence réponse=20hz à25 khz +- 1db ?
bande passante 15hz à 35 khz ?
sensibilité phono=2.5mv 100/50 kohms, ?
Tuner Aux Tape=120mv25kohms ?S/B phono=65db, autres=75db
?filtre haut 9db à 10 khz ?
filtre bas 9db à 50hz ?
control bass +12db à -10db à 50hz
?control aigu +12db à -15db à 10khz
Préampli séparable de l'ampli par cavaliers.
4) Travaux.
J’avais envie de faire un CR utile pour ceux qui souhaitent bricoler comme je l’ai fait, en utilisant quelques astuces qu’il faut bien trouver lorsque l’on n’est pas équipé. Commençons par les joues en bois.
Les joues en contreplaqué sont en mauvais état. Je n’ai pas l’outillage nécessaire ni les compétences pour refaire le plaquage. Et comme je préfère le vrai bois, je décide de refaire les joues en bois plein. J’achète donc une planche en bois que je découpe. L’astuce consiste à fixer une règle en métal fixée sur la partie du bois qui ne sera pas utilisée pour guider la scie lorsqu’on n’a pas de tour. Une scie à métaux donnera une découpe plus propre qu’une scie à bois. Gros avantage pour le ponçage ensuite.


Une fois les planches découpées, il faut poncer au papier de verre. Finir ensuite à la lime. En ponçant la laine de verre avec ses mains, on arrondit forcément les bords. Pour redresser les bords et les tranches à la lime, mon idée est de tracer un trait au crayon sur le long de la tranche, au milieu. Ainsi, lorsqu’on lime, le crayon doit partir en premier, moyen efficace de faire un limage droit. Terminer avec de la laine d’acier modèle 000, la plus fine.

Le résultat du travail de la lime:

Attention, ce travail m’a pris environ 5 heures, le ponçage prenant beaucoup de temps.
J’ai choisi ici la lazure, car elle a plusieurs avantages par rapport au vernis. Elle traite le bois, on peut la travailler avec plusieurs couches, et s’il y a une rayure par la suite, il suffit de poncer un peu et de remettre une ou deux couches. Je passe donc une couche de lazure. Une fois sec, je ponce un peu avec la laine d’acier jusqu’à faire disparaitre l’aspect brillant, pas plus. Je remets une couche de lazure et reponçage. Comme ça 8 fois. Avec de la lazure mat et ce procédé on obtient un aspect satiné, voir brillant mais plus naturel que de la lazure brillante. Surtout que pour obtenir la couleur, il a fallut plusieurs couches. Avec une lazure brillante, la finalité aurait vraiment été trop brillante.
Il ne reste plus qu’à fixer les équerres en métal qui maintiendront les planches sur les côtés de l’ampli.

Le résultat me plaît, mais quand je vois ce bouton d’allumage en plastique, je me dis qu’il n’a vraiment rien à faire ici. Cela gâche vraiment la façade. De plus, le voyant est mort. Allez, soyons fous. Je tente de refaire ce bouton. J’ai cherché pas mal de temps et finalement, j’ai trouvé une vis de diamètre 12. Je commence par lui couper la tête.

Je coupe la vis sous le filetage pour ne garder que la partie lisse, et je perce ensuite avec un foret de 10,5 sur une profondeur de 1 cm. Attention, il est très difficile de percer au centre sur ce genre de pièce. J’ai dû refaire ça 3 fois.
Une fois percé, on coupe la pièce à 1,3 mm pour avoir un côté fermé. On termine ensuite le perçage avec un foret de 6, puis on ponce à la lime pour égaliser (autre travail long). La rainure devant est faite à la scie à métaux. Prudence, car il serait dommage de rater la pièce et 3 heures de boulot. J’ai ensuite poli la pièce à la laine d’acier 000 et au coton. L’astuce est d’enfiler la pièce sur le forêt de 10,5 qui a servi à la percer, car il rentre bien dedans. On peut mettre un peu de scotch électricien autour du foret pour maintenir la pièce. On fixe le tout sur une perceuse, et on fait tourner.

Voilà le résultat. N’ayant pas trouvé d’aluminium, j’ai pris une vis en acier. Il y a donc une légère différence de couleur, mais je vous assure qu’en réalité cela ne se voit pas si on ne le sait pas.

Pourquoi j’ai voulu percer l’avant à 6 ? Eh bien à cause du voyant. L’idée était d’arriver à insérer le voyant dans le bouton. J’ai donc démonté le bouton de l’ampli et j’ai oté la petite lampe à incandescence pour y mettre une LED.


Je n’ai pas pris plus de photo, étant trop concentré à ce travail. Je n’y ai tout simplement plus pensé. Sur la photo juste dessus, il est facile d’insérer une led dans la partie blanche qui ira dans la partie noire. Le bouchon rouge vient ensuite par-dessus. Une fois le tout remonté, j’ai dessoudé le fil ramenant le + 24 volt pour y insérer une résistance de 1 Kohm. Il a fallut aussi fabriquer un support qu’on voit dans le coin en haut à droite pour maintenir le bouton d’allumage, car avec l’adjonction de mon bouton, il faut reculer le tout à l’intérieur de l’ampli.

Quelques jours plus tard, suite à une panne, 3 transistors claqués et avec beaucoup d'aide sur HFR, je décide de remplacer tous les condensateurs chimiques par des modèles haut de gamme, les autres condos, les diodes ainsi que tous les transistors, excepté ceux de puissance.


Les joues en sapin ne me plaisant pas, je décide également de les refaire en chêne, avec de la teinture d'alcool et du vernis pour un rendu plus fin. Ce sont les photos que vous avez vu aujourd'hui, avant le CR.
Maintenant qu'il me plaît, place au plaisir.
Ici avec des enceintes Wharfedale que j'avais refaites aussi.

5) Conclusion.
Une chose à retenir est que le fait d'avoir remplacé les condos par des modèles plus haut de gamme a affiné l'écoute et a augmenté la séparation des canaux. Cet ampli est offre déjà une superbe qualité à la base, cette petite "modification" a apporté un gros plus peu négligeable.
Le son se rapproche des amplis à tube, chaud et précis en même temps. Et quelle pêche pour ses 2X30 Watt. Comparé à mon Rotel RA04 de 2X40 Watt, ile scott est plus puissant avec le potard de volume au quart que le Rotel avec le potard de volume à la moitié.
Les attaques sont sublimes, percutantes, les cymbales dégagent milles sonorités, on dirait que cet ampli s'amuse à retranscrire fidèlement les sons qu'il reçoit sans broncher. Rien ne lui fait peur, et aucune enceinte ne lui résiste. Outre mes préférences, il drive de main de maître mes B&W DM2 au rendement pourtant faible.
Ma préférence étant le mariage avec les enceintes Cabasse Dinghy 224 et les enceintes Esoter.
Avec les Cabasse, on est au concert. Tout y est, l'ambiance, la profondeur, le whisky.
Patricia Barber entame l'album Companion. On la voit presque devant nous. Les aigus semblent sortir des enceintes pour nous envelopper d'un son crystallin et fin, d'une précision bluffante. Les voix sont bien mises en avant. Peut être trop sur certains album comme "Louis Amstrong chantant "c'est si bon", mais je préfère, car toute la chaleur et le chrunch de sa voix est là, et on en profite. Après tout, lorsqu'on écoute du Amstrong chanter, la musique n'est qu'un acompagnement, non? Un peu comme Brel ou Brassins.
Sauf que lorsque Louis attrape sa trompette, c'est un tout autre discourt qui entre en jeu, celui de la simplicité mélangée au style simple et efficace de l'inventeur des onomatopées chantées. Et là aussi, sur cet ensemble, c'est un régal, avec en plus la sensation d'être transportée à une époque où l'on souriait, où la joie de chanter s'affichait partout, sur les lèvres, les vêtements, mais aussi dans la musique simple, naïve, émotive et belle de ces chers disparus.
























