Fidèles lecteur de la Revue du Son (quand elle était bonne) et de HiFi News, et visiteur régulier du Festival du Son (ah les Pioneerettes/Settonnettes !)et autres salons, j'ai estimé que l'un des éléments les plus critiques de la chaine HIFI d'époque pré-cassette/CD/... était l'ensemble bras-cellule de lecture.
Je me suis mis à construire et essayer différents montages sur ma platine Garrard SP25.
A l'époque, le bras SME était (et reste) un des plus parfaits. Mais d'autres systèmes existaient et cherchaient à être plus meilleurs que le SME.
Il était question de bras unipivot, de pivot fictif, d'antiskating magnétique, ...
Pour moi, en analogie avec l'automobile, il fallait avant tout réduire au minimum la masse mobile et, avec l'effet de levier, il fallait travailler à réduire lers masses les plus éloignées du pivot, tout en gardant une bonne rigidité du bras, sans résonances. Tout un programme !
J'ai donc recherché quel pouvait être le matériau le plus léger, le moins résonant et le plus solide.
Les métaux n'étaient pas la meilleure réponse. Restaient le bois et les matières plastiques.
J'ai donc fait des bras avec différents bois plutôt légers (sapin, peuplier, chataignier, ..) pour finir par le plus léger, le balsa.
J'ai aussi fait des perches en polystyrène expansé de différents densités.
J'ai même essayé un sandwich balsa/mousse/balsa qui avait une certaine gueule !
J'ai fait des bras courts, longs, voire très longs ! Je crois que le plus long faisait 40 cm entre pivot et pointe de lecture ! Je me souviens plus s'il était bon , mais il était surtout pas pratique !
Par simplicité de fabrication, les perches étaient droites. Mais cela posait des problèmes d'articulation.
Donc, seule solution, l'unipivot !
La simplicité m^me ! Oui, mais quelle
à équilibrer !Et pour l'antiskating, la galère pour que cela ne mette pas le bras de travers !
Il fallait que tout soit au m^me niveau que le pivot et la pointe de lecture.
Enfin, j'étais arrivé à un modèle satisfaisant, en balsa dur naturel, non verni (le vernis aurait pu amener des résonances).
Le pivot était un axe de montre, et le contre-pivot le saphir correspondant.
Dans le but de limiter les masses en bout de bras, j'ai longtemps cherché comment fixer la cellule.
Pour arriver à une solution simple et légère mais "définitve" : la cellule est collée au bras !
Plus de vis, de porte cellule, ...
Juste trois-quatre gouttes de colle néoprène (pour le découplage anti-résonant) et hop !
Pour parfaire la chose, la cellule elle-m^me était allégée par limage-perçage des parties plastiques. A la fin, il n'y en avait pratiquement plus ! Mais pas touche au boitier métallique, pour conserver le blindage.
J'utilisais essentiellement des cellules ADC, et les modèles bas de gamme.
Car y'a eu des pertes ! J'ai d'ailleurs conservé quelques ruines !
Pour poser mes prototypes, j'avais fabriqué un porte-platine plus large, et je posais mes modèles à l'opposé du bras d'origine. Je pouvais ainsi facilement comparer les deux bras, avec le m^me type de cellule.
Et je dois dire que le résultat était surprenant.
Seule limitation : fallait surtout pas bouger ou taper, m^me légèrement sur le meuble où était la platine. L'absence d'amortissement du bras (j'avais à un moment envisagé des palettes trempant dans un bol de mercure, voire supprimer le pivot et utiliser le bras flottant sur le mercure !) et de la platine faisaient que tout oscillait pendant 1 minute à chaque tape.
Pour ces essais, ne souhaitant pas endommager de beaux albums 33t, j'achetais des 45 tours "consommables".
Ces différents essais empiriques étaient plus proches du bricolage que de la haute technologie.
Je n'ai fait ni plan ni photos de mes expériences.
C'était avant tout une occupation de week-end. Cela aurait pu devenir une vraie activité, mais à 18 ans en 1968, il y avait tellement d'autres choses à faire ou découvrir !
Il me reste les souvenirs !
Et qui sait, l'envie me reprendra peut-être un jour.
















